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	<title>Rien N&#039;est A Eux &#187; France Télécom</title>
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		<title>Rural</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Oct 2009 13:42:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rien est à eux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anticapitalist Attitude]]></category>
		<category><![CDATA[Continental]]></category>
		<category><![CDATA[France Télécom]]></category>
		<category><![CDATA[Paysans]]></category>

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		<description><![CDATA[Ils sont alcooliques, ils sont chasseurs, ils sont poujadistes, ils sont racistes et tous de droite. Ils touchent des subventions mirobolantes et roulent en 4&#215;4, et à la première crise ils saccagent des préfectures sans jamais être poursuivis. Ils sont défendus par la FNSEA qui est sans doute ce qui ressemble le plus en France [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ils sont alcooliques, ils sont chasseurs, ils sont <span id="SPELLING_ERROR_0">poujadistes</span>, ils sont racistes et tous de droite. Ils touchent des subventions mirobolantes et roulent en 4&#215;4, et à la première crise ils saccagent des préfectures sans jamais être poursuivis. Ils sont défendus par la <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2001/01/GORNEG/14741"><span id="SPELLING_ERROR_1">FNSEA</span></a> qui est sans doute ce qui ressemble le plus en France à une organisation <span id="SPELLING_ERROR_2">non-démocratique</span> exerçant une domination sans partage sur leur monde et dont la corruption ferait pleurer d&#8217;envie un <span id="SPELLING_ERROR_3">narcotraficant</span> <span id="SPELLING_ERROR_4">colombien</span>. Ce sont tous des gros cons arriérés qui accueillent le fisc au fusil de chasse et le dernier bastion du catholicisme le plus rétrograde.</p>
<p>Les paysans.</p>
<p>Ou en tout cas, c&#8217;est la série de clichés qu&#8217;on a trop souvent d&#8217;eux. Des bouseux. Des crétins. Qui vivent dans des coins ignorés de la civilisation, à entendre certaines personnes qui en parlent on est limite dans <span style="font-style: italic;">Délivrance</span>, à la campagne&#8230;</p>
<p>À l&#8217;occasion des manifestations du moment, il est plus que temps d&#8217;essayer de nuancer ce portrait catastrophique. En me basant sur mon expérience directe : ce milieu, j&#8217;en viens. Mon père, aujourd&#8217;hui retraité, était agriculteur exploitant sur 16 hectares de terre, partagés entre du maïs, un peu de colza, mais essentiellement des vignes. Ces terres étaient dans la famille depuis le 18ème siècle, on a retrouvé des papiers jaunis bouffés par les souris l&#8217;attestant. Imaginez vous ce que représente le fait de travailler au même endroit que son propre père, et le père de celui-ci, et ainsi de suite&#8230;comment ne pas comprendre l&#8217;attachement qu&#8217;on peut éprouver pour cette terre qui n&#8217;est plus seulement un outil de travail, mais bel et bien un patrimoine à la fois bien ayant valeur monétaire et investi d&#8217;autant d&#8217;affects ? Le paysan est conservateur, oui, en effet. Mais c&#8217;est parce que l&#8217;endroit où il marche est un lien avec son passé, le moyen d&#8217;assurer son présent, et ce qu&#8217;il transmettra pour l&#8217;avenir. Et je sais, même si il n&#8217;en a jamais parlé &#8211; le paysan est taiseux et n&#8217;exprime pas son ressenti, c&#8217;est le moins qu&#8217;on puisse dire&#8230;-que vendre l&#8217;exploitation il <span id="SPELLING_ERROR_5">y&#8217;a</span> une dizaine d&#8217;années à été une déchirure terrible pour mon père&#8230;</p>
<p>Mais heureusement qu&#8217;il l&#8217;a vendue, finalement. Heureusement qu&#8217;il s&#8217;est résolu à s&#8217;en débarrasser : il aurait peut-être fini par se suicider à force de travail et d&#8217;angoisse, comme tant de gens autour de lui. Tant d&#8217;agriculteurs épuisés et criblés de dettes, qui ne voient jamais la couleur de ces fameuses subventions <span id="SPELLING_ERROR_6">bruxelloises</span> et survivent comme ils peuvent dans l&#8217;isolement et l&#8217;exhortation à un <span id="SPELLING_ERROR_7">productivisme</span> qui fait baisser leurs prix et partant leurs revenus&#8230;</p>
<p>Parce que c&#8217;est ça, la vie d&#8217;un agriculteur aujourd&#8217;hui : pas les &laquo;&nbsp;grands&nbsp;&raquo;, les céréaliers par exemple, qui eux touchent l&#8217;essentiel de l&#8217;argent des subventions. C&#8217;est faire un travail difficile et harassant, du petit matin au début de la nuit, parfois tout seul, un travail dangereux également, avec des machines énormes qui peuvent écraser le distrait ou happer un membre du malchanceux, en utilisant de plus en plus de produits chimiques, engrais aux nitrates, solvants, qu&#8217;on stocke où on peut et déclenchent parfois de spectaculaires explosions&#8230;</p>
<p>C&#8217;est ne pas avoir les moyens de s&#8217;acheter les nouvelles machines, très chères, dont ils ont pourtant besoin pour travailler, et alors on va au Crédit Agricole voir des messieurs en cravate pour s&#8217;y endetter lourdement, en espérant que les prix ne baisseront pas cette année pour pouvoir rembourser, sinon les <span id="SPELLING_ERROR_8">encravatés</span> vont menacer de saisir les machines, et la maison, et les terres&#8230;</p>
<p>C&#8217;est se tuer à la tâche, parfois littéralement, en tentant de suivre des directives d&#8217;organismes lointains qui veulent plus, sans cesse plus, plus de productivité, plus de tonnes de ceci, plus d&#8217;hectolitres de cela, en y étant encouragés par une <span id="SPELLING_ERROR_9">FNSEA</span> qui favorise toujours les gros exploitants en faisant croire qu&#8217;elle défend aussi les petits, et les pousse à s&#8217;endetter encore et à accepter les contraintes du <span id="SPELLING_ERROR_10">productivisme</span> le plus délirant. Et qui sait aussi que l&#8217;électorat paysan pèse lourd et les gens de la ville le savent.</p>
<p>Comme ils me font rire, ceux qui méprisent les bouseux du haut de leur culture. Ceux qui les insultent en bouffant le produit de leur travail qui atterrit dans leur assiette. Comme je voudrais les voir en train de mener de front des activités qui requièrent une somme de connaissances de polytechniciens : agronomie, élevage et soins vétérinaires, chimie, comptabilité, météo, viniculture&#8230;les machines tombent en panne ? On les répare soi-même, sinon ça coûte trop cher. Pas assez de pluie ? Il faut installer un épandeur et calculer l&#8217;arrosage&#8230;</p>
<p>Et le vin ? Celui que vous buvez ? Vous <span id="SPELLING_ERROR_11">imaginez-vous</span> la somme proprement stupéfiante d&#8217;énergie et le déploiement de connaissances qu&#8217;il a fallu pour que vous ayez cette bouteille devant vous ? Et je sais de quoi je parle, j&#8217;ai participé à toutes les étapes du processus : planter des vignes, regarder si ça pousse droit, les corriger si besoin est, passer du désherbant et des insecticides pour les protéger, la tailler pour éviter une prolifération anarchique, organiser la récolte du raisin &#8211; les vendanges, quoi -, la mettre dans des camions qui vont au pressoir, <span id="SPELLING_ERROR_12">déverser</span> des tonnes de produits dans une énorme vis sans fin qui va broyer la pulpe et séparer grains et peau, <span id="SPELLING_ERROR_13">recueillir</span> ce qui sort et le stocker dans des citernes, laisser reposer pour la fermentation, diviser la récolte en deux parties, celle qui partira à la coopérative agricole &#8211; le vin que vous buvez est généralement le &laquo;&nbsp;mélange&nbsp;&raquo; d&#8217;une multitude de productions de petits exploitants, si ça se trouve, vous vous êtes déjà bourré la gueule en partie grâce à mon papa et moi&#8230;-, et une autre qui servira à être changée en cognac&#8230;Attendez, c&#8217;est pas fini ! Il faut encore nettoyer les cuves et le pressoir, et toutes les machines qui ont servi ces dernières semaines, allez voir comment les vignes se portent, réparer et redresser ce qui doit l&#8217;être, et dans le même temps batailler avec la coopérative qui veut toujours moins payer, et faire la comptabilité par rapport à ça en espérant s&#8217;en sortir cette année&#8230;et franchement, j&#8217;en oublie. C&#8217;est titanesque comme boulot. C&#8217;est exténuant. Essayez d&#8217;y penser, rien qu&#8217;un peu, à la prochaine bouteille que vous ouvrirez&#8230;</p>
<p>Et il n y a rien d&#8217;étonnant que parfois certains craquent. Les deux années écoulées, 5 personnes avec qui j&#8217;étais au collège se sont suicidées. 5. Ils avaient choisi de reprendre l&#8217;exploitation familiale, et la Politique Agricole Commune, le Crédit Agricole, <span id="SPELLING_ERROR_14">Bruxelles</span>, la fatigue, l&#8217;angoisse et la solitude ont eu leur peau&#8230;</p>
<p>Et qui parle d&#8217;eux ? Un type qui se pend dans sa grange ou qui se répand la cervelle sur les murs avec son fusil de chasse, tout seul dans sa baraque isolée, personne n&#8217;en entend parler. C&#8217;est simple, je ne sais même pas si il y a des statistiques là-dessus.</p>
<p>Il y a eu un 25ème suicidé à France <span id="SPELLING_ERROR_15">Télécom</span>, et il s&#8217;en trouvera évidement qui tenterons, les rats, de minimiser cette horreur en prétendant que les chiffres ne sont pas représentatifs.</p>
<p>Les <span id="SPELLING_ERROR_16">Contis</span> sont condamnés quand les <span id="SPELLING_ERROR_17">manifs</span> d&#8217;agriculteurs font parfois bien pire sans êtres inquiétés.</p>
<p>Il s&#8217;en trouvera aussi qui voudront opposer les uns et les autres. On se suicide davantage chez les paysans. Les bouseux peuvent tout se permettre. De quoi se <span id="SPELLING_ERROR_18">plaignent-ils</span>, le &laquo;&nbsp;ils&nbsp;&raquo; en question dépendant d&#8217;où on parle en pensant que les autres c&#8217;est mieux ou en tout cas, c&#8217;est moins pire.</p>
<p>Et il est là aussi, le vrai drame politique actuel : des gens qui ont tellement en commun et qui se regardent avec défiance et parfois haine, en s&#8217;imaginant que les autres sont mieux lotis, quand la réalité c&#8217;est que le monde du travail souffre, et pour les mêmes raisons. Le cadre de <span id="SPELLING_ERROR_19">FT</span>, l&#8217;ouvrier de <span id="SPELLING_ERROR_20">Conti</span>, l&#8217;agriculteur, partagent bien plus qu&#8217;ils ne le croient. Mais ce sont des mondes qui ne se connaissent pas, et qui ne se parlent pas&#8230;</p>
<h3><a href="http://comite-de-salut-public.blogspot.com/2009/10/rural.html">Rural</a></h3>
<p>Ils sont alcooliques, ils sont chasseurs, ils sont <span id="SPELLING_ERROR_0">poujadistes</span>, ils sont racistes et tous de droite. Ils touchent des subventions mirobolantes et roulent en 4&#215;4, et à la première crise ils saccagent des préfectures sans jamais être poursuivis. Ils sont défendus par la <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2001/01/GORNEG/14741"><span id="SPELLING_ERROR_1">FNSEA</span></a> qui est sans doute ce qui ressemble le plus en France à une organisation <span id="SPELLING_ERROR_2">non-démocratique</span> exerçant une domination sans partage sur leur monde et dont la corruption ferait pleurer d&#8217;envie un <span id="SPELLING_ERROR_3">narcotraficant</span> <span id="SPELLING_ERROR_4">colombien</span>. Ce sont tous des gros cons arriérés qui accueillent le fisc au fusil de chasse et le dernier bastion du catholicisme le plus rétrograde.</p>
<p>Les paysans.</p>
<p>Ou en tout cas, c&#8217;est la série de clichés qu&#8217;on a trop souvent d&#8217;eux. Des bouseux. Des crétins. Qui vivent dans des coins ignorés de la civilisation, à entendre certaines personnes qui en parlent on est limite dans <span style="font-style: italic;">Délivrance</span>, à la campagne&#8230;</p>
<p>À l&#8217;occasion des manifestations du moment, il est plus que temps d&#8217;essayer de nuancer ce portrait catastrophique. En me basant sur mon expérience directe : ce milieu, j&#8217;en viens. Mon père, aujourd&#8217;hui retraité, était agriculteur exploitant sur 16 hectares de terre, partagés entre du maïs, un peu de colza, mais essentiellement des vignes. Ces terres étaient dans la famille depuis le 18ème siècle, on a retrouvé des papiers jaunis bouffés par les souris l&#8217;attestant. Imaginez vous ce que représente le fait de travailler au même endroit que son propre père, et le père de celui-ci, et ainsi de suite&#8230;comment ne pas comprendre l&#8217;attachement qu&#8217;on peut éprouver pour cette terre qui n&#8217;est plus seulement un outil de travail, mais bel et bien un patrimoine à la fois bien ayant valeur monétaire et investi d&#8217;autant d&#8217;affects ? Le paysan est conservateur, oui, en effet. Mais c&#8217;est parce que l&#8217;endroit où il marche est un lien avec son passé, le moyen d&#8217;assurer son présent, et ce qu&#8217;il transmettra pour l&#8217;avenir. Et je sais, même si il n&#8217;en a jamais parlé &#8211; le paysan est taiseux et n&#8217;exprime pas son ressenti, c&#8217;est le moins qu&#8217;on puisse dire&#8230;-que vendre l&#8217;exploitation il <span id="SPELLING_ERROR_5">y&#8217;a</span> une dizaine d&#8217;années à été une déchirure terrible pour mon père&#8230;</p>
<p>Mais heureusement qu&#8217;il l&#8217;a vendue, finalement. Heureusement qu&#8217;il s&#8217;est résolu à s&#8217;en débarrasser : il aurait peut-être fini par se suicider à force de travail et d&#8217;angoisse, comme tant de gens autour de lui. Tant d&#8217;agriculteurs épuisés et criblés de dettes, qui ne voient jamais la couleur de ces fameuses subventions <span id="SPELLING_ERROR_6">bruxelloises</span> et survivent comme ils peuvent dans l&#8217;isolement et l&#8217;exhortation à un <span id="SPELLING_ERROR_7">productivisme</span> qui fait baisser leurs prix et partant leurs revenus&#8230;</p>
<p>Parce que c&#8217;est ça, la vie d&#8217;un agriculteur aujourd&#8217;hui : pas les &laquo;&nbsp;grands&nbsp;&raquo;, les céréaliers par exemple, qui eux touchent l&#8217;essentiel de l&#8217;argent des subventions. C&#8217;est faire un travail difficile et harassant, du petit matin au début de la nuit, parfois tout seul, un travail dangereux également, avec des machines énormes qui peuvent écraser le distrait ou happer un membre du malchanceux, en utilisant de plus en plus de produits chimiques, engrais aux nitrates, solvants, qu&#8217;on stocke où on peut et déclenchent parfois de spectaculaires explosions&#8230;</p>
<p>C&#8217;est ne pas avoir les moyens de s&#8217;acheter les nouvelles machines, très chères, dont ils ont pourtant besoin pour travailler, et alors on va au Crédit Agricole voir des messieurs en cravate pour s&#8217;y endetter lourdement, en espérant que les prix ne baisseront pas cette année pour pouvoir rembourser, sinon les <span id="SPELLING_ERROR_8">encravatés</span> vont menacer de saisir les machines, et la maison, et les terres&#8230;</p>
<p>C&#8217;est se tuer à la tâche, parfois littéralement, en tentant de suivre des directives d&#8217;organismes lointains qui veulent plus, sans cesse plus, plus de productivité, plus de tonnes de ceci, plus d&#8217;hectolitres de cela, en y étant encouragés par une <span id="SPELLING_ERROR_9">FNSEA</span> qui favorise toujours les gros exploitants en faisant croire qu&#8217;elle défend aussi les petits, et les pousse à s&#8217;endetter encore et à accepter les contraintes du <span id="SPELLING_ERROR_10">productivisme</span> le plus délirant. Et qui sait aussi que l&#8217;électorat paysan pèse lourd et les gens de la ville le savent.</p>
<p>Comme ils me font rire, ceux qui méprisent les bouseux du haut de leur culture. Ceux qui les insultent en bouffant le produit de leur travail qui atterrit dans leur assiette. Comme je voudrais les voir en train de mener de front des activités qui requièrent une somme de connaissances de polytechniciens : agronomie, élevage et soins vétérinaires, chimie, comptabilité, météo, viniculture&#8230;les machines tombent en panne ? On les répare soi-même, sinon ça coûte trop cher. Pas assez de pluie ? Il faut installer un épandeur et calculer l&#8217;arrosage&#8230;</p>
<p>Et le vin ? Celui que vous buvez ? Vous <span id="SPELLING_ERROR_11">imaginez-vous</span> la somme proprement stupéfiante d&#8217;énergie et le déploiement de connaissances qu&#8217;il a fallu pour que vous ayez cette bouteille devant vous ? Et je sais de quoi je parle, j&#8217;ai participé à toutes les étapes du processus : planter des vignes, regarder si ça pousse droit, les corriger si besoin est, passer du désherbant et des insecticides pour les protéger, la tailler pour éviter une prolifération anarchique, organiser la récolte du raisin &#8211; les vendanges, quoi -, la mettre dans des camions qui vont au pressoir, <span id="SPELLING_ERROR_12">déverser</span> des tonnes de produits dans une énorme vis sans fin qui va broyer la pulpe et séparer grains et peau, <span id="SPELLING_ERROR_13">recueillir</span> ce qui sort et le stocker dans des citernes, laisser reposer pour la fermentation, diviser la récolte en deux parties, celle qui partira à la coopérative agricole &#8211; le vin que vous buvez est généralement le &laquo;&nbsp;mélange&nbsp;&raquo; d&#8217;une multitude de productions de petits exploitants, si ça se trouve, vous vous êtes déjà bourré la gueule en partie grâce à mon papa et moi&#8230;-, et une autre qui servira à être changée en cognac&#8230;Attendez, c&#8217;est pas fini ! Il faut encore nettoyer les cuves et le pressoir, et toutes les machines qui ont servi ces dernières semaines, allez voir comment les vignes se portent, réparer et redresser ce qui doit l&#8217;être, et dans le même temps batailler avec la coopérative qui veut toujours moins payer, et faire la comptabilité par rapport à ça en espérant s&#8217;en sortir cette année&#8230;et franchement, j&#8217;en oublie. C&#8217;est titanesque comme boulot. C&#8217;est exténuant. Essayez d&#8217;y penser, rien qu&#8217;un peu, à la prochaine bouteille que vous ouvrirez&#8230;</p>
<p>Et il n y a rien d&#8217;étonnant que parfois certains craquent. Les deux années écoulées, 5 personnes avec qui j&#8217;étais au collège se sont suicidées. 5. Ils avaient choisi de reprendre l&#8217;exploitation familiale, et la Politique Agricole Commune, le Crédit Agricole, <span id="SPELLING_ERROR_14">Bruxelles</span>, la fatigue, l&#8217;angoisse et la solitude ont eu leur peau&#8230;</p>
<p>Et qui parle d&#8217;eux ? Un type qui se pend dans sa grange ou qui se répand la cervelle sur les murs avec son fusil de chasse, tout seul dans sa baraque isolée, personne n&#8217;en entend parler. C&#8217;est simple, je ne sais même pas si il y a des statistiques là-dessus.</p>
<p>Il y a eu un 25ème suicidé à France <span id="SPELLING_ERROR_15">Télécom</span>, et il s&#8217;en trouvera évidement qui tenterons, les rats, de minimiser cette horreur en prétendant que les chiffres ne sont pas représentatifs.</p>
<p>Les <span id="SPELLING_ERROR_16">Contis</span> sont condamnés quand les <span id="SPELLING_ERROR_17">manifs</span> d&#8217;agriculteurs font parfois bien pire sans êtres inquiétés.</p>
<p>Il s&#8217;en trouvera aussi qui voudront opposer les uns et les autres. On se suicide davantage chez les paysans. Les bouseux peuvent tout se permettre. De quoi se <span id="SPELLING_ERROR_18">plaignent-ils</span>, le &laquo;&nbsp;ils&nbsp;&raquo; en question dépendant d&#8217;où on parle en pensant que les autres c&#8217;est mieux ou en tout cas, c&#8217;est moins pire.</p>
<p>Et il est là aussi, le vrai drame politique actuel : des gens qui ont tellement en commun et qui se regardent avec défiance et parfois haine, en s&#8217;imaginant que les autres sont mieux lotis, quand la réalité c&#8217;est que le monde du travail souffre, et pour les mêmes raisons. Le cadre de <span id="SPELLING_ERROR_19">FT</span>, l&#8217;ouvrier de <span id="SPELLING_ERROR_20">Conti</span>, l&#8217;agriculteur, partagent bien plus qu&#8217;ils ne le croient. Mais ce sont des mondes qui ne se connaissent pas, et qui ne se parlent pas&#8230;</p>
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