[Cinéma] In the Heat of the Night

Pour continuer sur la lancée des films de Sidney Poitier, après le propret et gentillet Guess who’s coming to diner, les trois prochains films que j’aborderai sont emblématiques des phases qu’a traversé Poitier, du gendre idéal poli et désexué en un héros fort et indomptable (qu’il produira et mettra lui-même en scène). Sorti en france sous [...]

Pour continuer sur la lancée des films de Sidney Poitier, après le propret et gentillet Guess who’s coming to diner, les trois prochains films que j’aborderai sont emblématiques des phases qu’a traversé Poitier, du gendre idéal poli et désexué en un héros fort et indomptable (qu’il produira et mettra lui-même en scène).

Sorti en france sous le titre Dans la chaleur de la nuit, ce film fait parti de ces précurseurs -un peu involontaires- de la Blaxploitation.

IN THE HEAT OF THE NIGHT
Norman Jewison (1967)


In the Heat of the Night (1967) – trailer
envoyé par Melvin-X.

Une petite ville du Mississippi -le Sud profond, quoi- l’officier de police Sam Wood patrouille et découvre un macchabée. Il tombe sur un Afro-Américain qui attend le train, et se trimballe avec de l’argent… Le coupable est tout est tout trouvé.
Sauf que c’est de Virgil « they call me Mr. » Tibbs, de la brigade criminelle de Philadelphie. Sommé de collaborer à l’enquête, voilà Virgil Tibbs, aux cotés du Shérif Gillepsie, un gars bourru mais finalement sympathique, enquêtant dans ce patelin remplis de rednecks, d’histoires pas claires et de vieux réflexes sudistes (lynchages, exploitation dans les champs de coton, viols…).

Premier d’un tryptique inégal (puis d’une série TV) avec le personnage de Mister Tibbs, ce In The Heat of the Night est vraiment excellent.
L’ambiance du Sud est pesante, on la ressent, comme la chaleur à l’écran. Cette ville est pleine de rednecks, où le shériff est aux ordres d’à peu près tout sauf de la loi. Et Poitier s’en tire à merveille et se fait respecter dans cette ambiance (la baffe magistrale que prend le propriétaire des champs de coton ). Même si le personnage n’est pas parfait, Poititer se voit enfin confier un rôle à sa mesure de grand acteur, un vrai premier rôle dans un vrai polar.
Le scénar’ est bien ficellé, et c’est Stirling Silliphant (The Liberation of L.B. Jones ou encore Shaft In Africa…) qui est derrière le crayon.
Rajouter à ce cocktail explosif la BO de Quincy Jones et ça nous fait un très bon film !!
Il sera sacré « meilleur film » aux Oscars de 67, et recevra aussi deux autres statuettes pour le « meilleur montage » et le « meilleur mixage son ». On remarque l’absence de Poitier au palmarès. Le film recevra aussi trois Golden Globes : « meilleur film dramatique », « meilleur scénario » et « meilleur acteur dans un film dramatique »… pour Rod Steiger (le Shérif). Poitier ne sera jamais récompensé pour ses rôles d’homme « normal », seul ses rôles bonhommes lui vaudront les honneurs officielles de la profession, étonnant, non ?

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