L’égout

Oh le plaisant spectacle que voilà ! La droite charognarde, incapable de présenter un bilan quelconque de tenter de se refaire une cerise en sortant le gros marteau de « l’identité nationale » afin que de flatter la croupe de l’électorat péniste…et qui se prend un gros retour de bâton en constatant qu’elle a ouvert tout grand [...]

Oh le plaisant spectacle que voilà ! La droite charognarde, incapable de présenter un bilan quelconque de tenter de se refaire une cerise en sortant le gros marteau de « l’identité nationale » afin que de flatter la croupe de l’électorat péniste…et qui se prend un gros retour de bâton en constatant qu’elle a ouvert tout grand l’égout où se débonde à larges flots putrides tout ce que compte la France de petits blancs opprimés – par les arabes, les Noirs, les fonctionnaires, les femmes…- qui se sont rués sur l’aubaine pour baver sur les bougnoules – qui volent notre travail – et les négros – qui volent nos femmes -, démontrant du coup ce à quoi servait vraiment ce « débat » bidon : encore utiliser le racisme comme instrument de division pour engranger des voix…

Comment s’étonner alors que ça « dérape » ? Mais rien ne dérape du tout, d’ailleurs. Tout était déjà là, présent depuis des années, et n’attendait qu’un prétexte pour enfin s’exprimer haut et fort. Quand on instrumentalise le FN en le faisant monter pour faire chier la droite – pas vrai les socialos ?-, quand on surfe sur les peurs rançies de son électorat pour faire élire un nain hystérique – hein les crevards de l’UMP ?-, quand depuis maintenant des décennies on déplace le débat du social vers le racial pour désigner des boucs émissaires pour vont faire oublier les réformes néolibérales (la montée de la xénophobie en France étant corollaire de la montée en puissance de l’économie de marché, et non, en effet, ce n’est pas un hasard), qui peut sincèrement s’étonner que tout ça parte en boudin ?

Résultat : la droite charognarde ne se contente plus de piquer des voix à l’extrême-droite ; elle n’en est même plus à « faire son jeu » : elle lui offre carrément une opportunité inespérée de se refaire une cerise alors qu’elle est politiquement au bord du hors-jeu. Parce que c’est la dynastie Le Pen qui va écrémer aux régionales, pas les sombres bouffons de l’UMP, lesquels de commencer à se rendre compte de l’énormité de la boulette et tentent de rétropédaler à toute blinde, ce qui va encore conforter l’électorat moisi que en fait c’est rien que des tapettes, et les conforter dans le choix de l’original à la copie…

Bravo la droite. Bravo, vraiment, beau résultat.

La seule bonne chose qui se puisse retirer de cette mélasse, c’est de démontrer si il le fallait encore la parfaite nuisance des décomplexés qui non seulement sont des nullités politiques – en plus que d’être de forts médiocres spécimens d’humanité – mais en plus leur incapacité à stratégiser quoi que ce soit. La droite n’est pas seulement inutile : elle est une plaie sans fin qui étrangle le pays et le conduit à la ruine, et n’aura comme bilan au final que d’avoir servi les intérêts de l’extrême-droite.

Ce qui convainc chaque jour un peu plus de gens qu’il faudra impérativement s’en débarrasser un jour. Et quand on dit s’en débarrasser, ce n’est pas seulement se contenter de les mettre hors jeu du pouvoir, il faut voir plus loin que ça : c’est carrément se donner les moyens politiques de faire en sorte que non seulement elles soit cantonnée à une minuscule opposition permanente, mais que plus jamais elle n’accède au pouvoir. Plus jamais. C’est partir avec rien moins que l’idée que ce qui se passe en ce moment, ce qu’on vit en ce moment, doit d’emblée faire partie un jour des pages de livres d’Histoire. C’est clairement se projeter dans un futur où la droite sera un minuscule et dérisoire espace politique dont personne n’aura rien à foutre, paumé au milieu d’un espace progressiste qui à son tour aura mainmise absolue et complète sur non seulement les institutions, mais également les cœurs et les âmes. La situation de maintenant, mais inversée, et en encore plus contrastée. C’est le seul moyen de tenir et de garder espoir en l’état actuel des choses : imaginer un monde sans eux, où ils ne seraient plus rien, un symptôme résiduel tout au plus, et de donner les moyens d’y parvenir.

Ce sera long. Vraiment long. Ce sera difficile. Très difficile. Des décennies de boulot acharné. C’est la seule solution.

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