L’anniversaire de la chute du mur de Berlin n’aura pas été que l’occasion pour le Nain vagal d’encore se faire mousser sur du vent. On a pu voir en effet certains éditorialistes proprement délirer, au sens psychiatrique du terme, sur la commémoration de l’évènement, et en tête de gondole, arrivent bien évidemment premiers toutes catégories confondues les larbins sarkozyfiés du Figaro. De la vieille carne Mougeotte au poney désaxé Rioufol, tous d’entonner 1)la FIN du communisme, c’est FINI, promis, juré, bouh bouh bouh, ouf, on a eu chaud aux fesses mais heureusement c’est F.I.N.I., 2) Mais aaaattention : ça peut revenir, on sait jamais, vigilance vigilance, le totalitariiiiiiiiismeuuuuuuuhhhhh, la peste rouuuuuuugeuuuuuuh, nos démocratiiiiiiies sont fragiiiiiiiiileuh et le poison bolchèvique est encore dans le corps social, 3) c’est pourquoi il faut continuer les réformes. Nécessaires. Mais cruelles. Mais nécessaires.
Je vous jure qu’en gros c’est ça.
Et à leur suite, ou en tout cas dans leur immédiat prolongement, tous les excités monomaniaques du Joli Marché Qui Marche Pas En Fait de célébrer à leur manière la fin finale et définitive que y en aura plus jamais du tout nulle part du, euh, quoi déjà ? Ah oui : communisme.
Ainsi, ce blaireau.
Lequel il faut le lui reconnaître, est d’une opiniâtreté dans l’imbécillité niaise qui force l’admiration. Les subprimes ? Pas de problème : trop d’État. 1 milliard de gens qui crèvent de faim dans le monde ? Pas de problème : trop de régulation. Les suicides à France Télécom ? Pas de problème : c’est la faute aux syndicats. La baguette de pain qui augmente ? Pas de problème, vous dis-je : les trotskystes sont dans le coup…
Oui, c’est bien, hein, d’avoir une vision du monde de teckel trépané…On l’envierait presque, allez, ce bon garçon, de vivre ainsi dans sa jolie réalité parallèle à usage perso, un peu comme on est parfois attendri au spectacle de ces enfants trisomiques qui courent dans le jardin de leur centre, plein de fraîcheur et d’innocence sans se soucier du monde méchant derrière les murs…
L’occasion de cet anniversaire était vraiment trop belle pour notre « vrai » libéral pur jus que de comparer le funeste « communisme » (qui a fait des milliards de morts) et le joli Libéralisme (qui veut le bonheur des enfants). Lisez, sa prose est…assez unique. Somme toute.
« Là encore, les nostalgiques de la période froide viendront se lamenter sur les dégâts causés par l’ultranéolibéralisme et le capitalisme mangeur d’enfants et d’ouvriers dans les pays de l’Est qui, pourtant, n’ont pas reconduit les communistes au pouvoir quand on a demandé, pour de vrai, son avis au peuple. Mais c’est normal : il est con, le peuple. Non ? »
Il faut ici présenter une particularité de notre cas du jour : parfois, il se risque à tenter de faire une assez étrange chose qui se veut, comment dire… »humoristique ». Oui. Je sais. On peine à comprendre en quoi les quolibets du garçon pourraient contenir une minidose de vrai humour, et en vérité on en est quelque peu gêné pour lui…Après, bon, ça a sans doute le mérite de le faire bien se poiler tout seul devant son clavier, et franchement, arriver à se faire rire tout seul, c’est déjà pas mal.
Mais entrons à présent dans le vif du sujet qui est grosso modo : le Libéralisme C’est Bien, D’abord :
« En vingt ans, des pays comme la Pologne, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie ou la Slovaquie ont montré toute l’horreur du capitalisme appliqué, à faibles ou fortes doses : des villes qui se couvrent de bâtiments neufs, des gens qui s’enrichissent, et toute l’abomination d’industries qui se développent, voire, horreur des horreurs, qui exportent des savoir-faire et des experts ! »
Et on vit dans un monde merveilleux…
Bon, tout ne va pas SI bien que ça, évidemment, on peut toujours chipoter ; mais il est incontestable que ces pays se sont clairement rapprochés des standards de vie d’Europe occidentale : par exemple, leur taux de chômage est à peine plus élevé que le nôtre…
Les sociétés sont un tout petit peu plus exposées à des petits phénomènes de violences mafieuses de rien du tout, qui certes existaient déjà dans les temps soviétisés mais à qui l’économie de marché à su donner un coup de fraîcheur incomparable…
Nombre de ces pays qui ont connu les charmes austères d’une transition un peu brutale il est vrai vers le Joli Marché vont en prendre plein la gueule grâce à la crise, vu que le néolibéralisme ne les a pas vraiment préparés au bordel qu’il est capable de créer…ah oui, il est comme ça, le Marché, il donne, et il reprend sans prévenir…
Et puis bon, zut à la fin, oui, c’est vrai, il y a aussi cet embêtant souci de ces gens qui s’obstinent à sottement mourir pour cause d’inégalités sociales, ok, là, on l’a dit.
Mais à part ça, ça va, hein.
Vraiment.
D’ailleurs, il faut que ça aille. De gré ou de force. Le Marché, c’est Bien, et partout où il met les pieds il fait le bonheur de gens. Là. OK ?????
Sauf que non, évidemment. Partout où il passe, le néolibéralisme enchaîne les catastrophes, mais constater ça, c’est vivre dans le monde réèl. Le vrai monde. Pas le mignon paramonde des libertarés aigris en décompensation permanente qui veulent absolument que les pièces carrées entrent dans les trous ronds et prétendent devant l’échec patent de leurs piteuses tentatives que c’est la faute au trou qui n’est pas moderne…
Ainsi, notre pauvre garçon traîne son spleen de libéral qui ne comprend pas, non, vraiment, il ne comprends sincèrement pas que son modèle économique, à part une poignée de zinzins dans son genre, plus personne n’en veut…du coup, il lâche régulièrement des petits billets tout désappointés sur le méchant monde collectiviste qui le cerne de partout – oui, il est cerné par les collectivistes. Dont Nicolas Sarkozy. Qui est : un collectiviste. Oui, ce garçon a un mode de pensée assez original, quelque part…- et tourne en rond à l’intérieur de son petit cortex en ressassant de grises pensées…
Décidément, ce garçon est foutu.
Mots-clefs :libéralisme, Mur de Berlin
ON FAIT QUOI MAINTENANT?