Populisme

Quand on voit tout ça… Roman Polanski est défendu bec et ongles jusqu’à l’absurde, par un BHL qui affirme sans rire une sorte de statut spécifique de l’Artiste qui lui aurait une sorte de droite de commettre des saloperies, ou mieux encore si on ose dire, par un Jérôme Leroy sans doute sous l’emprise funeste d’un [...]

Quand on voit tout ça…

Roman Polanski est défendu bec et ongles jusqu’à l’absurde, par un BHL qui affirme sans rire une sorte de statut spécifique de l’Artiste qui lui aurait une sorte de droite de commettre des saloperies, ou mieux encore si on ose dire, par un Jérôme Leroy sans doute sous l’emprise funeste d’un cocktail benzodiazépine/whisky, qui ne craint pas de se rouler dans la fange en mettant en avant l’argumentaire moisi de l’antisémitisme – les nazis qui ont voulu de déporter le petit Roman et ceux qui réclament une condamnation pour viol sur mineure, c’est les mêmes. Oui, c’est de ce niveau.

Frédéric Mitterrand défendu par la droite quand il admet faire du tourisme sexuel, c’est à dire payer des mineurs pauvres pour se les taper – et que personne ne me fasse rire avec des « boxeurs de 40 ans », ce n’est même plus amusant -, et au fait, c’est quoi exactement, le « tourisme sexuel » ? On ne l’a que peu lu sous cet angle dans les médias (qui mentent), mais ce sont des Occidentaux aisés qui vont dans un tiers-monde miséreux pour s’offrir les faveurs de ceux que le FMI et la Banque Mondiale ont acculés à vendre jusqu’à leurs corps pour pouvoir survivre. Voilà ce que c’est, le tourisme sexuel : la domination du Nord sur le Sud qui se poursuit jusqu’à l’asservissement des sexes.

Jean Sarkozy, 23 ans, perpétuel redoublant de fac de droit, nommé à un poste à lourdes responsabilités parce que papa a décidé de le caser. Que rajouter à ça ? Comment oser donner des leçons de morale au plus dépravé des potentats africains quand ici, il peut se passer en pleine lumière un népotisme aussi décomplexé ?

Une classe politique qui s’étripe en public et se tutoie en privé, tous bords confondus, et acceptant par paresse ou par commodité l’abolition de la distance qu’installe le tutoiement, donnant l’image hélas pas fausse d’une joyeuse bande de copains super-sympas qui se tapent dans le dos et renforçant une dégoûtante impression de caste séparée du quotidien lambda de ceux qu’ils sont censé représenter.

Christine Lagarde qui refuse de supprimer cette monstruosité perverse qu’est le crédit revolving en faisant bien évidemment du chantage à l’emploi, quand la vraie raison de cette obstruction est idéologique : le crédit, ça fait de la consommation, et la consommation c’est bon pour la croissance. Punto. Voilà comment ça se passe dans les cervelles libérales, obéir au dogme sans chercher à voir plus loin, et encourager les pauvres à se surendetter jusqu’à la ruine.

Pierre Cohen, cumulard de choc et Maire « socialiste » de Toulouse, qui lance les CRS contre des grévistes comme quel droitard venu pendant que de l’autre main il ripoline la ville à coup de subventions pour la « Culture », tant il est vrai que c’est drôlement joli d’avoir plein de festivals de toutes sortes pendant qu’en coulisses on traite les municipaux comme des riens.

Le point commun entre tout ça ? Le sentiment qu’existe une caste à part du reste de la population, un fossé grandissant entre des élites auto-proclamées de la culture et de la politique qui restent entre eux et méprisent tous les autres, et le quotidien des « normaux » qui regardent ce débilitant spectacle d’un oeil écoeuré. Le pire étant que ce seront, que ce sont déjà les mêmes qui tirent la sonnette d’alarme contre La Bête Immonde Qui Se Réveille quand c’est précisément l’accumulation de ces pratiques qui nourrit le terreau de l’extrême-droite. Vous les verrez, les « artistes » à bonne conscience pétitionner encore, vous les verrez, les « intellectuels » se fendre de rudes tribunes pour condamner l’extrémisme, vous les verrez, les « politiques », exprimer leur sévère réprobation dans les télés contre les « idéologies du racisme et de la haine ». Discours rodés, convenus, répétés en boucle jusqu’à ce que les mots soient vides et exsangues, et qui n’ont jamais gênés l’extrême-droite en quoi que ce soit. Alors que ce sont eux, oui, eux, qui travaillent pour elle, dans leur arrogance et leur mépris de classe perpétuel.

C’est du « populisme », ce billet ? Et bien oui, c’en est. C’est prendre le parti du « peuple » contre ces « élites » moisies, un populisme qui ne détourne pas les énergies en stigmatisant les immigrés mais qui voit et reconnaît les vrais responsables. C’est du populisme que de penser qu’il est temps de déboulonner les statues et qu’une population exprime son rejet de cette minorité autiste qui ne s’intéresse qu’à elle? Alors oui, je suis « populiste », fier de l’être, et j’entends bien convaincre le plus grand nombre de personnes qu’il est beau et bien de l’être.

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