À aucun moment on ne nous explique ce qui s’est passé, il y a eu un évènement et le monde est en train de mourir. On se connait pas les noms du père et de l’enfant, simplement « l’homme » et « le fils » qui marchent dans un paysage de cendres sous un ciel devenu éternellement gris. Hantés par la peur et la faim, ils poussent un caddie de supermarché qui contient leur seules possessions, en quête de conserves parfois périmées et d’un abri pour un jour ou deux, mais jamais davantage. Jamais de repos, jamais de halte, ils évitent à tout prix leurs derniers semblables pour qui ils ne représentent que de la viande. Et on comprend au fur et mesure de ces pages d’une écriture sobre jusqu’à l’austérité qu’ils sont davantage que des survivants, qu’ils sont les derniers êtres « humains » à part entière, que le lien d’amour et de filiation qui existe entre eux est la seule lueur encore vivante dans cette absolue noirceur. « La route » n’est pas un roman de science-fiction post-apo de plus, c’est le bouleversant récit de deux êtres qui maintiennent intacte l’étincelle, « les porteurs de feu » comme le dit l’homme à son fils…
Il y a une adaptation ciné qui doit sortir d’ici peu. Je crains que l’hollywoodisation ne fasse perdre de la substance à l’histoire et recule devant sa noirceur ; quoi qu’il en soit, j’irai quand même le voir. Et je sais également que « La route » est un livre que je relirai.

ON FAIT QUOI MAINTENANT?