« Pour le président du groupe UMP à l’Assemblée, «il n’y a rien de choquant». Les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale aux salariés suite à un accident du travail sont, selon lui, «un revenu qu’il s’agit de soumettre à l’impôt »
(source)
Petit tour sur la blogosphère de droite quand j’ai lu la nouvelle, réflexe de blogueur, hein : non, lui il en parle pas..lui non plus…eux non plus…ah lui, c’est un bon champion, il va…non plus…et là, lui non plus…
Bon.
Soit ça ne les intéresse pas. Admettons. C’est curieux, mais bon, admettons, ces gens ne sont pas comme nous, après tout.
Soit ça va être très. Très. Mais alors très difficile.
De défendre une saloperie pareille…
Oh, n’ayons nulle inquiétude : il s’en trouvera bien un pour se fendre d’un de ces billets rampants et grotesques dont cette engeance est coutumière. Monter au créneau pour chanter les louanges d’une mesure destinée à piquer les fric du type dans un fauteuil roulant à la suite d’un accident de travail ? Pas de problème, je suis de droite, je peux le faire. Déficits publics blablabla, trou de la Sécu blublu, crise financière rhalala les temps sont durs Mâme Michu, il faut comprendre que même si ça paraît dur, c’est une mesure de bon sens, et prétendre le contraire serait démagogique, je les connaît par coeur, ces rats. Allez, sous 24 heures, je parie que j’en trouve un.
N’empêche : là, ils vont avoir du mal, les mecs.
Puisque tout de même, ça peut très bien se comprendre que quand on est une ordure de droite – pléonasme, oui, merci, je sais -, malgré le fait qu’on ait la cervelle complètement bouffée par le néolibéralisme et qu’on se vautre depuis des années dans de la grosse pensée unique qui tache comme goret dans son auge, on peut néanmoins supposer qu’on est pas tout à fait déconnecté de certaines réalités élémentaires, du genre : un accident du travail, ça peut arriver à absolument tout le monde. Peu importe la couleur politique. Et partant, on peut de retrouver en arrêt de travail et joyeusement ponctionné sur ses mirobolantes indemnités – 60 ou 70 % du salaire, je ne sais plus ?…- et ce même si on a sa carte à l’UMP, ce qui quelque part aurait d’ailleurs quelque chose de profondément comique, non ?
(Ici, petite précision : si l’accident du travail ne connaît certes de pas de couleur politique en tant que tel, il possède néanmoins une indéniable coloration de classe : on risque moins quand on est, au hasard, avocat d’affaires, que maçon sur un chantier. On peut donc en inférer que ceux qui seront le plus victimes de cette nouvelle saloperie de notre gouvernement de charognes seront ceux qui toucheront le moins. Ça s’appelle faire payer les pauvres pour éviter de faire payer les riches, et c’est une spécificité de droite, oui Madame).
Venant à l’instant de faire une petite recherche Gougueule, je constate que même le Figaro ne consacre pas une lignette dans son édition en ligne à ce qui pourtant, assure Jeff Copé, n’a « rien de choquant ». On a pourtant vu la Pravda Sarkozyste bien plus en pointe quand il s’agissait de justifier le plus injustifiable, mais là : non. Pas un mot. Peut-être que Thréard, Mougeotte, Bréguet et Rioufol sont en train de tirer à la courte paille pour désigner le malheureux qui va s’y coller…
Parce que Jeff Copé a beau prendre soin de bien souligner que, répétons-le, « »Il n’y a rien de choquant » à ponctionner l’accidenté du travail, qui ne sait, qui peut ignorer que : si. C’est profondément et incontestablement et parfaitement et par tous les bouts qu’on le prenne…
« Choquant ».
Très.
Vraiment très.
Je ne vous souhaite pas « bon courage », amis sarkozystes, vous ne savez pas ce que c’est. Vous êtes de droite.
Mais on attend avec gourmandise vos – pitoyables – tentatives de justifications qui auront au moins, c’est déjà ça, l’inestimable qualité de nous faire bien rire.
ON FAIT QUOI MAINTENANT?